par le Docteur Yves DONADIEU de la Faculté
de Médecine de Paris
www.01sante.com
Depuis
la fin des années 70, les thérapeutiques
naturelles sont de plus en plus étudiées
par la recherche pharmaceutique officielle,
de plus en plus prescrites par le corps médical
et de plus en plus utilisées par un nombre
croissant de personnes au sein de nos sociétés
occidentales.
Cette prise de conscience que la chimiothérapie
et les techniques les plus sophistiquées
ne peuvent pas tout résoudre en matière
de santé s'inscrit dans un cadre sociologique
général qui, par un réflexe
naturel de survie, remet en cause la façon
dont l'Homme contemporain traite la Nature et
ses formes de vie végétale et
animale dans leur ensemble. Il suffit, pour
s'en convaincre, de constater les problèmes
majeurs survenus au cours des dernières
années sur le plan écologique
(destruction de la couche d'ozone et l'effet
de serre qui en résulte, déforestation
planétaire intensive avec ses nombreuses
conséquences climatiques et biologiques
aux quatre coins du monde, etc.), sur
le plan alimentaire avec les graves
répercussions qui en résultent
sur notre santé (agriculture intensive
et alimentation industrielle à l'origine
de nombreux troubles maladifs dont le syndrome
de la "vache folle" ou la "grippe
du poulet" - à nouveau en vedette
- ne sont que la partie apparente de l'iceberg,
aliments génétiquement modifiés
dont nul ne peut prédire à l'heure
actuelle les conséquences qu'ils pourront
avoir sur notre équilibre biologique,
etc.), sur le plan de la pollution en
général avec les nombreux
problèmes sanitaires qu'elle engendre
(pollution de l'air, pollution de l'eau, pollution
des terres agricoles) et sur bien d'autres
plans qui font journellement la "une"
de l'actualité.
Au nom de que l'on appelle le "progrès"
- qui n'est en fait que le paravent du profit
à tout prix - l'Homme joue les apprentis
sorciers. Il n'est nul besoin d'être grand
prophète pour savoir où cela va
mener l'humanité si rien n'est fait pour
inverser cette tendance. Cette inversion, qu'il
est urgent d'opérer, ne pourra se faire
que par une prise de conscience individuelle,
débouchant progressivement sur une prise
de conscience collective des populations qui
devront alors faire pression sur les organismes
internationaux qui président à
notre destinée.
Depuis de nombreuses années, mon but
est de faire prendre conscience, à tous
ceux qui s'intéressent à la santé
en général et à la leur
en particulier, du grand intérêt
à manger plus sainement et à se
soigner plus naturellement pour bien et mieux
se porter, tout en préservant au maximum
le capital biologique de la seule planète
dont nous disposons pour vivre pendant encore
très longtemps: la Terre.
L'Homme fait partie intégrante de la
Nature dont il est issu et, dans cette mesure,
il représente l'un des maillons de cet
équilibre admirable duquel il ne peut
se détacher sans s'exposer à de
nombreux risques pour sa survie.
Vivre selon des règles les plus proches
possible de cette Nature dans laquelle nous
baignons est sûrement la clef de voûte
de notre bon équilibre biologique, aussi
bien physique que psychique.
Cette vie en conformité avec la Nature
n'implique pas de revenir à l'âge
de la pierre. Non, elle implique seulement une
adaptation permanente et dynamique aux conditions
de vie créées et imposées
artificiellement par notre environnement, dans
la mesure où ces règles de vie
ne vont pas dans un sens favorable à
nos besoins biologiques fondamentaux, à
nos valeurs essentielles, à notre bon
équilibre psychosomatique et, par là-même,
à notre bien-être tout entier.
Vivre en symbiose avec la nature est source
de santé et de joie de vivre, cette joie
de vivre tant recherchée et trouvée
par si peu d'entre nous.
Un organisme vivant qui évolue en parfait
équilibre et en parfaite harmonie avec
le milieu naturel dans lequel il se trouve placé
a peu de chances d'être agressé
par ce milieu, et nous touchons là à
deux points essentiels qui ont été
bien oubliés, à tout le moins
trop négligés, au cours des dernières
décennies, à savoir la notion
de terrain et le problème
de la prévention au
sens le plus large.
La célèbre petite phrase: "Le
microbe n'est rien, c'est le terrain qui est
tout", du grand physiologiste français
Claude Bernard, père de la médecine
expérimentale, commence enfin à
être redécouverte comme une évidence.
Il aura malheureusement fallu plus d'un siècle
et l'apparition du SIDA pour cela!... Et pourtant,
même Pasteur, peu de temps avant sa mort
en 1895, concluait également sa vie de
recherches en disant: "Claude Bernard avait
raison, le terrain est tout." Comme quoi,
certaines conclusions fondamentales de savants
éminents et universellement reconnus
sont parfois oubliées au seul profit
de certains éléments (notamment
pour Pasteur la lutte antimicrobienne) qui les
ont générées, créant
de ce fait une déviation malheureuse
dans les courants de pensée et de recherche
ultérieurs.
Il est devenu évident aujourd'hui qu'il
vaut mieux mettre en œuvre tout ce qui peut
améliorer la résistance
de notre terrain biologique en vue
de nous préserver de toute agression
éventuelle et maintenir ainsi l'état
de bonne santé, plutôt que d'attendre
d'être touché par la maladie et
devoir recourir alors à une action offensive
pour le retrouver à l'aide de thérapeutiques
"lourdes", malheureusement non dénuées
de danger, comme la chimiothérapie. D'autant
que tout maladie, aussi bénigne soit-elle,
entraîne toujours avec elle son cortège
de problèmes d'inconfort: malaises divers,
douleurs, fatigue, inactivité forcée,
soucis familiaux, professionnels et sociaux,
toutes choses dont chacun préfère
en général se passer. Un pays
qui gagne la guerre n'en ressort pas pour autant
indemne. Malgré sa victoire, il en ressort
toujours affaibli et porteur de séquelles
qui sont loin d'être négligeables.
L'explosion scientifique et technologique du
20° siècle a provoqué un bouleversement
trop rapide des valeurs traditionnelles, a créé
un monde trop artificiel dans lequel l'Homme
trouve difficilement sa place et auquel il s'adapte
de toute façon très mal.
La médecine, comme tant d'autres domaines
dont certains la touchent de très près
telle l'agronomie qui règle notre alimentation
- pierre angulaire de la santé -, n'a
pas échappé à ce raz-de-marée
et s'est trouvée rapidement submergée
par la chimie et la technique. Irruption brutale,
massive, tentaculaire, qui bouscula et engloutit
tous les acquis antérieurs sur son passage.
Hors la chimie et la technique, point de salut
! Tel fut le nouveau courant de pensée
érigé comme un véritable
dogme qui régna alors souverainement
jusqu'à ces toutes dernières années.
Fort heureusement, cette "vérité"
commence à vaciller sur ses bases du
fait des vilains dessous qu'elle dissimulait
et qui apparaissent maintenant au grand jour.
Un nombre toujours croissant de médecins
et de malades prennent dorénavant conscience
du danger à persévérer
dans cette voie qui n'est pas la seule grande
et unique "avenue" thérapeutique
universelle que ses défenseurs persistent
à présenter comme telle, mais
seulement une "route" supplémentaire
prenant sa place parmi d'autres, non moins importantes,
dans le réseau existant. Il s'agit tout
simplement d'une "corde" de plus sur
"l'instrument" du thérapeute.
A lui de savoir en jouer à bon escient
et en bonne harmonie avec toutes les autres
"cordes" pour, selon le vieil adage
médical, "guérir quelquefois,
soulager souvent, et consoler toujours."
Il ne s'agit donc pas à mes yeux d'un
constat d'échec de la thérapeutique
"officielle". Non. Il s'agit simplement
d'une prise de conscience de ses limites. Car
la médecine occidentale, habituellement
pratiquée aujourd'hui, ne traite pas
encore le "terrain" du patient, même
si elle sait désormais que c'est aussi
ce qu'il faut faire. Elle n'intervient efficacement
que pour des troubles graves, surgissant justement
- le plus souvent - sur des terrains déficients.
Elle agit avec pleine efficacité en urgence,
comme Police Secours. Mais pour le reste, c'est-à-dire
la grande majorité des causes médicales
de consultation, elle ne dispose guère
de moyens adaptés. Utiliser une lance
à incendie pour éteindre une allumette,
alors que quelques gouttes d'eau suffisent,
est une absurdité qu'aucun pompier qualifié
ne commet jamais, car il sait bien que les inévitables
et importants dégâts des eaux qui
en découlent seraient complètement
disproportionnés. Il semble évident
que le remède ne doit jamais être
plus dangereux que le mal à traiter
et c'est pourtant, malheureusement, ce que l'on
voit encore trop souvent pratiqué dans
notre médecine contemporaine.
Il devenait donc urgent de faire un inventaire
critique et raisonné des autres possibilités
thérapeutiques plus naturelles,
plus douces, adaptées à chaque
situation maladive, susceptibles de consolider
le terrain ou de le soigner, et de les intégrer
à la panoplie des seules thérapeutiques
officiellement reconnues. C'est exactement ce
qui est en train de se faire depuis une trentaine
d'années. Cette démarche n'a rien
de polémique. Elle consiste seulement
à élargir au maximum l'éventail
des possibilités de traitement du praticien
afin qu'il puisse y choisir la mieux
adaptée à chaque personnalité
pour une maladie donnée.
C'est une position de bon sens,
non sectaire, qui rend toute sa subtilité
et sa pleine efficacité à l'art
médical. Car le sectaire n'a aucune difficulté:
à toute question il apporte la même
réponse. L'esprit éclectique,
en revanche, s'adapte à chaque cas et
cherche à trouver, dans sa panoplie de
moyens, celui qui est le plus approprié,
et il le trouvera d'autant plus facilement que
son choix sera plus grand.
Par ailleurs, les tenants de la chimiothérapie
exclusive et à tout va avancent toujours
une argumentation qui consiste à dire
qu'il existe encore beaucoup trop d'inconnues
quant aux mécanismes pharmacologiques
présidant à l'action de ces thérapeutiques
naturelles pour pouvoir les utiliser sans arrière-pensée.
Argument de mauvaise foi qui ne résiste
pas à l'analyse quand on sait qu'à
ce niveau là c'est exactement la même
chose - à des degrés divers -
pour toutes les médications utilisées
à l'heure actuelle, y compris les médicaments
de synthèse les mieux étudiés,
dont la plupart n'ont malheureusement pas, à
résultat égal, l'innocuité
des thérapeutiques naturelles. L'un des
plus célèbres pharmacologues français
ne disait-il pas dans les années 80:
"S'il fallait utiliser seulement les médicaments
dont on connaît avec une absolue certitude
le mécanisme d'action, on n'en garderait
pas beaucoup." Je complétais
à l'époque en disant qu'on pourrait
les compter sur les doigts d'une seule main.
Ce constat reste toujours valable aujourd'hui.
La médecine reste essentiellement
un art, celui de prévenir et de guérir
les maladies, et elle ne sera malheureusement
jamais une science exacte même
si, pour parvenir à son but, elle a besoin
en permanence de toutes les sciences véritables
et des techniques modernes les plus sophistiquées.
Il ne s'agit pas de revenir à d'anciennes
croyances incompatibles, ou en contradiction,
avec la progression du champ de nos connaissances,
mais d'adopter une attitude réaliste,
pragmatique, sans a priori, à
partir des constatations accumulées au
cours des siècles pour les aborder le
plus objectivement possible à la lumière
de notre savoir scientifique actuel.
En matière de thérapeutique, quelle
qu'elle soit, le problème de fond est
simple et se pose en ces termes: Ça
marche ou ça ne marche pas.
Si une thérapeutique ne donne aucun des
résultats espérés, elle
est évidemment à rejeter complètement.
Si elle donne de bons résultats, deux
possibilités: ou bien la thérapeutique
utilisée est absolument sans danger,
et il y a lieu alors de la prescrire le plus
largement possible dans les indications où
elle s'avère donner entière satisfaction;
ou bien la thérapeutique utilisée
présente des inconvénients (toxicité,
effets secondaires, etc.) mineurs ou majeurs,
et il ne faut alors la prescrire que dans des
indications extrêmement précises
où ses effets secondaires ne seront pas
plus graves que les troubles à traiter.
En résumé, je dirais
qu'en matière de thérapeutique
médicale "l'arbre" de la chimie
- non seulement précieux mais indispensable
- ne doit en aucun cas dissimuler la "forêt"
des multiples autres possibilités hygiéniques
et thérapeutiques efficaces qui permettent
de maintenir ou de ramener un individu à
l'état de bonne santé,
qui est défini actuellement comme le
meilleur état d'équilibre dynamique
de l'organisme dans son milieu.
Cet état de bonne santé peut,
à mes yeux, être maintenu ou retrouvé
en respectant les trois règles suivantes
que je considère comme fondamentales:
1 - Dans un premier
temps, mettre tout mettre en œuvre pour que
le terrain puisse résister le mieux possible
aux multiples agressions dont il est l'objet
et qui sont susceptibles de mettre son efficience,
son équilibre ou son existence en péril.
2 - Dans un deuxième temps, quand l'agression
parvient malgré tout, pour une raison
quelconque, à provoquer l'état
de déséquilibre générateur
de maladie, utiliser ou pratiquer, chaque fois
que faire se peut, une thérapeutique
naturelle efficace adaptée la plus douce
qui soit en disposant pour cela de l'éventail
le plus large et le plus complet possible en
ce domaine.
3 - Enfin, en dernier ressort et en cas d'urgence,
faire appel à certaines thérapeutiques
"dures" qui peuvent présenter
un certain caractère de toxicité
ou être, éventuellement, à
l'origine de troubles secondaires non négligeables,
mais qui permettent de passer un cap critique
vital.
C'est dire, en substance, que toutes les grandes
disciplines thérapeutiques sont valables
et utilisables, sans qu'aucune d'entre elles
puisse être considérée comme
exclusive. Il s'agit uniquement d'un problème
de gradation et d'adaptation à un moment
donné, dans des circonstances déterminées,
pour une personne bien individualisée.
C'est dans un tel contexte, sans aucun esprit
partisan ni aucun exclusivisme, que je défends
les thérapeutiques naturelles depuis
un quart de siècle, pour élargir
au maximum la panoplie des moyens thérapeutiques
dont la médecine dispose, et ouvrir de
nouvelles voies dans la prévention et
la guérison de nombreuses maladies courantes
plus ou moins graves dont souffre l'Homme
contemporain.
Bien naturellement vôtre.
Docteur Y. DONADIEU
Dossier
de 01 Santé - Pharmacie naturelle
Le site de référence des thérapeutiques
naturelles
www.01sante.com
|