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A mesure
qu'il vieillit, l'homme augmente ses risques de déficits
moteur et cognitif en rapport avec l'âge.
Chez
l'animal, des interventions nutritionnelles, visant à
augmenter les apports alimentaires en fruits et en légumes,
peuvent retarder, voire inverser, ces déficits
neuro-comportementaux dus au vieillissement. Les polyphénols
qu'ils contiennent participent à ces effets protecteurs. |
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L'efficacité des fruits et
légumes pour réduire les risques de divers cancers et des
maladies cardio vasculaires, est aujourd'hui démontrée chez
l'homme. Notre laboratoire a étudié les effets d'une
supplémentation alimentaire en fruits et légumes sur les
altérations comportementales et neuronales observées au
cours du vieillissement. Nous avons ainsi montré que
l'enrichissement de l'alimentation d'un rat avec un fruit
(myrtille ou fraise) ou un légume (épinards), à forte teneur
en antioxydants, pouvait ralentir, voire corriger les
déficits cérébraux et moteurs, ainsi que les capacités
d'apprentissage et de mémorisation chez les animaux âgés.
Polyphénols : des effets multiples et complémentaires sur
le vieillissement
Le cerveau consomme une partie importante de l'oxygène de
l'organisme. En vieillissant, son aptitude endogène à
combattre le stress oxydant diminue. Selon la théorie des
radicaux libres, quand la balance penche en faveur des
composés pro-oxydants, les dommages cérébraux qui en
résultent aboutissent à des déficits dans le fonctionnement
comportemental et neuronal. Nous avons mis en évidence que
les fruits et légumes qui avaient la meilleure capacité
antioxydante étaient les plus efficaces pour améliorer les
déficits dus à l'âge. Nous avons également montré que les
multiples composés phénoliques présents dans les fruits et
les légumes possédaient des effets supplémentaires,
notamment anti inflammatoire, anti allergique, antiviral et
antiprolifératif. Cela laisse supposer que l'impact
favorable de ces végétaux sur le fonctionnement du système
nerveux central et sur les paramètres comportementaux serait
la résultante d'une combinaison de divers facteurs.
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Polyphénols : des effets
multiples et complémentaires sur le vieillissement
Le cerveau consomme une partie importante de l'oxygène
de l'organisme. En vieillissant, son aptitude endogène à
combattre le stress oxydant diminue. Selon la théorie
des radicaux libres, quand la balance penche en faveur
des composés pro-oxydants, les dommages cérébraux qui en
résultent aboutissent à des déficits dans le
fonctionnement comportemental et neuronal. Nous avons
mis en évidence que les fruits et légumes qui avaient la
meilleure capacité antioxydante étaient les plus
efficaces pour améliorer les déficits dus à l'âge. Nous
avons également montré que les multiples composés
phénoliques présents dans les fruits et les légumes
possédaient des effets supplémentaires, notamment anti
inflammatoire, anti allergique, antiviral et
antiprolifératif. Cela laisse supposer que l'impact
favorable de ces végétaux sur le fonctionnement du
système nerveux central et sur les paramètres
comportementaux serait la résultante d'une combinaison
de divers facteurs. |
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Un cerveau plus sensible au
stress oxydant
Notre laboratoire a pu montrer qu'en vieillissant, le
cerveau des rats Fischer 344 était de plus en plus
vulnérable au stress oxydant et que certains mécanismes
neuronaux et paramètres comportementaux dépendaient du
vieillissement. On a pu constater des altérations
significatives dans la transduction du signal neuronal,
mesuré par exemple, par l'activité de la GTPase, la
libération de dopamine, l'évacuation du calcium des
synaptosomes ou la mesure de la fluidité de la membrane
neuronale... Chez le rat, le déclin des performances
motrices (équilibre, force, coordination, résistance) débute
à l'âge de 12 mois et se poursuit pendant 22 mois. On peut
s'attendre à ce que ces paramètres comportementaux et
neuronaux sensibles à l'âge soient modifiables par des
interventions nutritionnelles visant à retarder les effets
du vieillissement cérébral.
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Les effets bénéfiques des fraises, des myrtilles et des
épinards...
Chez des rats Fischer, la supplémentation alimentaire avec
des extraits de fraise ou d'épinard, entre 6 et 15 mois,
évite la progression des déficits dus à l'âge au niveau de
la transduction du signal neuronal par rapport à des animaux
ayant reçu un régime témoin. En outre, chez des animaux âgés
(19 mois), un régime supplémenté en extrait de fraise,
d'épinard ou de myrtille, pendant
8 semaines, a permis d'inverser les déficits de
signalisation neuronale et des fonctions cognitives liés à
l'âge. |
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Une régulation du flux de calcium est essentielle pour la
transduction du signal neuronal et un fonctionnement
neuronal optimal. Des régimes enrichis en fruits à haute
teneur en polyphénols ont un effet anti vieillissement sur
la captation du calcium et la récupération après
dépolarisation dans les noyaux striés. Un régime riche en
myrtille est particulièrement efficace, au point d'inverser
les altérations de la captation du calcium liées à l'âge et
d'améliorer la fluidité de la membrane cérébelleuse. Sur le
plan comportemental, cela se traduit par une amélioration
considérable des performances des sujets âgés par rapport
aux rats témoins (force, équilibre, coordination, résistance
à la fatigue). En outre, les régimes enrichis en fruits et
légumes (myrtilles mais aussi fraises et épinards)
améliorent certaines performances cognitives, comme
l'apprentissage spatial. Ainsi, au cours du test du
labyrinthe d'eau de Morris, les rats supplémentés en fruits
et légumes nagent bien et utilisent des indices distaux pour
apprendre à naviguer jusqu'à une plate forme dissimulée. Ce
paramètre constitue une mesure de mémoire et d'apprentissage
de base hypocampique.
Le rôle central des anthocyanes
Les effets physiologiques d'une supplémentation alimentaire
en polyphénols ne se limitent pas au système nerveux
central. On a montré qu'une alimentation contenant de la
myrtille diminuait les marqueurs d'inflammation et le stress
oxydant dans les muscles et augmentait considérablement la
fluidité de la membrane des globules rouges.
On cherche actuellement à caractériser les composés
polyphénoliques qui contribuent aux effets anti
vieillissement des fruits et légumes. On a déterminé que les
anthocyanes et les acides hydroxycinnamiques isolés de la
chair ou la peau des myrtilles peuvent améliorer le stress
oxydant provoqué par H2O2 in vitro. En particulier, les
anthocyanes protègent considérablement les globules rouges
contre les espèces oxygénées réactives, même à faible dose.
D'autres expériences ont montré que les anthocyanes présents
dans les baies, peuvent pénétrer dans diverses cellules en
s'incorporant au cytosol et les protéger contre le stress
oxydant. Reste encore à mener d'autres études pour
déterminer les phytonutriments présents dans les fruits et
légumes qui ont un effet anti vieillissement.
Une seule portion par jour suffit
Une alimentation riche en fruits et légumes fortement
colorés, et en conséquence riches en anthocyanes et autres
polyphénols, s'oppose donc aux effets du vieillissement dans
nos modèles animaux. Les quantités de myrtilles, de fraises
ou d'épinards, ajoutées à l'alimentation des rats, sont à
peu près équivalentes à une seule portion quotidienne de ces
végétaux chez l'homme. Les travaux de notre laboratoire
semblent indiquer que l'augmentation de la consommation de
fruits et légumes à forte activité antioxydante peut
représenter une stratégie alimentaire salutaire pour
optimiser le fonctionnement cognitif et neuronal à un âge
avancé.
Dr Thierry GIBAULT -
D’après une communication de James A Joseph,
Congrès international polyphénols et santé, Vichy Nov 2003.
- Février 2004
Endocrinologue/Nutritionniste
Aprifel.com
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